En 2020, la région Grand Est connaissait non seulement la quatrième année de sécheresse consécutive, mais également les températures les plus élevées de son histoire. Cette année, alors que l’été se rapproche à grand pas, la situation tout aussi préoccupante que les années précédentes. Le point sur le risque de sécheresse en région Grand Est.

En cause, un manque de pluie

Les pluies tombées en abondance durant le mois de mai n’auront pas permis de sauver le Grand Est de la sécheresse qu’elle connaît depuis déjà plusieurs années. En effet, là où les pluies ont permis d’alimenter en eau les couches superficielles de terre, les nappes phréatiques, elles, n’ont pas trouvé de quoi se refaire complètement. Lorsque le niveau d’eau de ces réserves d’eau souterraines diminue, les sols se dessèchent et deviennent moins fertiles et plus durs à cultiver.

Une situation qui alerte jusqu’au ministère de l’agriculture, que les préfets des régions fortement touchées ont sollicités afin de prendre des mesures de surveillance et d’aide pour les agriculteurs du Grand Est. La profession s’est d’ores et déjà organisée de façon spontanée, et des échanges de fourrages entre agriculteurs plus ou moins touchées par la sécheresse ont été effectuées au fil des mois. Un bel acte de solidarité salué par les autorités régionales.

Les agriculteurs en première ligne

Particulièrement touché par l’assèchement des cours d’eau, mais surtout par le manque de renouvellement des nappes phréatiques, les agriculteurs et leur cultures sont parmi les premières victimes de la sécheresse qui touche la région Grand Est pour la quatrième année de suite. En effet, malgré les importantes réserves d’eau de la région, les autorités demandent aux agriculteurs de limiter leur consommation d’eau, ce qui affecte donc l’irrigation de leurs champs, mais également l’abreuvage des troupeaux.

Les productions les plus touchés sont le blé, le colza entre autres, coup dur supplémentaires pour ceux qui vivent de leur culture, après une année 2020 ou la moisson n’avait pas été facile, et où l’urgence sanitaire était venue s’ajouter au manque d’eau. Récupération d’eau de pluie, plantage de tournesols peu exigeants en eau, le secteur entier s’adapte en développant de nouvelles habitudes. Mais avec l’état qui approche à grand pas et des températures bien plus élevées qu’à la normale, la situation reste extrêmement préoccupante.

La biodiversité menacée

Avec les nappes phréatiques qui ne réaffluent pas comme elles le devraient, c’est également une partie de la biodiversité de la région qui est menacée. En effet, une baisse, même de quelques centimètres peut être dévastatrice pour la faune et la flore qui dépendent de ses réserves souterraines pour s’abreuver et donc survivre. A cela s’ajoute le niveau également inquiétant des cours d’eau, qui impacte directement la pousse de l’herbe dont se nourrissent beaucoup d’animaux, y compris ceux élevés par des agriculteurs.

La situation est évidemment suivie de près par les services du ministère de l’agriculture et de l’alimentation, mais les nouvelles ne sont pas bonnes. Météo France prévoit en effet un 2021 encore plus chaud que celui de l’année d’avant.